jeudi 23 juillet 2009

Trafique d'or

Divers

Tout d’abord, désolé pour le délai! Durant les semaines à venir, je vais avoir un accès plus stable à Internet et je vous promets d’écrire plus fréquemment!

Suivi du stage

Voilà, c’est officiel. Ce matin, j’ai fait mes adieux à ma famille d’accueille ainsi qu’à tous mes amis de Titao. Malgré que je n’aie aucun recul sur la situation, je suis extrêmement satisfait de mon séjour là-bas. J’ai appris une foule de choses, autant au plan culturel qu’au niveau du développement. J’ai tenu des conversations inoubliables avec des personnages vraiment fascinants. De chefs coutumiers jusqu’au représentants d’ONG, passant par de simples producteurs de pommes de terres, ma vision du monde a été bouleversée. Je pourrais vous parler des difficultés que rencontrent les producteurs à prévoir à long terme, ou encore des commerçants qui utilisent cette faiblesse pour acquérir des sommes qui pourraient faire rêver la plupart des Canadiens. Cependant, c’est toujours la même phrase qui me vient en tête : « Il faut le voir pour le croire ». Ce serait irrespectueux envers l’univers burkinabé que de le résumer en seulement quelques lignes sur une page Internet.







Rue principale de Titao lors du jour du marché

Pour revenir à quelque chose d’un peu plus tangible, je suis également assez satisfait du travail que j’ai effectué à Titao. Mes collèges semblent également avoir appréciés mon travail, du moins de ce que j’ai pu en tirer des discussions qui se sont tenues suite à la rencontre de restitution de mon travail. Pour la suite des choses, une grande rencontre va se tenir dans les jours à venir et celle-ci devrait déterminer mon travail pour les semaines qui suivent. Pour tout dire, j’attendais cette réunion avec impatience depuis plusieurs jours et je suis très enthousiasme d’y participer. Je travaille au sein d’une structure très performante pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté et le rôle qui m’est attribué me motive vraiment. Je suis en mesure de voir que mon travail a un impact réel sur le terrain, aspect qui est selon moi très rare dans le domaine du développement. Sans embarquer trop dans les détails, on parle même d’incorporer mon travail au Guide CEF qui sera bientôt en circulation dans tout le Burkina et qui servira de modèle pour les organisations qui veulent se lancer dans le Conseil à l’Exploitation Familiale (CEF).
Seul problème à l’horizon, ma tâche ici ne fait que débuter et il ne me reste plus qu’un seul mois pour m’en acquitter…



De gauche à droite: conseiller de l'union, animateur maraîcher, paysans et animateur en conservation des eaux et des sols (CES)

Coté personnel

À ce niveau, pour être honnête, les choses se sont un peu gâtées durant les semaines passées. Tout a commencé par une chute brutale au niveau de la santé. Infections après infections, pierres aux reins, problèmes digestifs et d’avantage, le mois dernier n’a pas tout à fait été tendre avec moi. Morale de l’histoire, écouter ma petite maman et redoubler de prudence concernant ma santé. Je vais également aller passer un examen complet dans les jours à venir pour en avoir le cœur net. L’endroit où je vais loger dans les semaines à venir (en ville ou en milieu rural) va dépendre des résultats de cette visite à l’hôpital. Pour l’instant, je séjourne au foyer de l’organisation pour laquelle je travaille.

Un entraînant l’autre, le moral a également suivi la tendance et s’est retrouvé assez bas. Mon départ de Titao et mon retour au Canada qui arrive ont également contribué à faire que les petites choses banales de ma vie canadiennes me manquent de plus en plus. Également, après deux mois de découvertes culturelles, la vie ici est devenue plus ordinaire et n’a rien avoir avec ses débuts que je qualifierais de « romantiques ». Par contre, la situation est loin d’être alarmante et m’indique seulement que je dois m’ajuster. Retrouver la santé, aller chercher mon énergie dans le travail et préparer mon retour au Canada sont en haut de ma liste de priorités.


Sow et Papa, mes deux coups de coeur de Titao


Développement durable vu de l’intérieur

Alors que j’envisageais faire un article sur la conservation des sols et des eaux au Burkina (une des nombreuses activités menées par la FNGN), j’ai tout récemment vécu une expérience très troublante et qui m’a fait beaucoup réfléchir.

Durant les derniers jours de mon séjour à Titao, j’ai décidé d’aller visiter Rambo, le village d’origine de mon père d’accueil. Il faut d’abord savoir que l’homme en question est un très grand commerçant et est reconnu dans tout le nord du Faso. Ne parlant que certaines langues locales essentielles à son travail, je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment discuter avec lui.

Le soir, arrivé à Rambo, le père vient s’asseoir prendre le thé avec moi et son fils. C’est là qu’il sort un petit caillou de sa poche. Peut-être petit, le caillou était en fait de l’or véritable et valait à lui seul 1 000 000 FCFA (environ 2 500 $ Can). Après avoir causé un peu, par l’intermédiaire de son fils, j’apprends qu’il possède plusieurs mines d’or dans les environs. Mais voilà qu’il me fait sa proposition. Prendre contact, il achète de l’or pour moi et on passe par le Ghana pour faire le trafique entre le Burkina et le Canada. Me promettant que cette pratique pourrait me rendre riche, il me laisse sa carte d’affaire et me demande de réfléchir à sa proposition.



Ibrahim esseyant d'entrevoir la profondeur du trou






Ça fait peur non? Normal que les travailleurs doivent se droguer pour rentrer dans ces trous!



Ça pour y avoir réfléchi, j’y est réfléchi! Ayant visité des sites d’or, je peux clairement dire que d’embarquer dans un tel commerce c’est carrément approuver les conditions horribles dans lesquelles évoluent les « mineurs traditionnels ». C’est avec un peu de recule que j’ai vraiment compris l’enjeux éthique de cette question. Celle-ci représente en fait un des causes fondamentales de la situation actuelle dans ce fameux « tiers-monde ». Depuis la colonisation, l’exploitation de ses ressources, ou plutôt le vole de ses ressources, effectué par les pays riches à contribuer à plonger le Burkina dans une pauvreté extrême. Que ce soit l’exploitation des ressources humaines (la traite d’esclaves) des siècles antérieurs ou encore l’exploitation des ressources naturelles du siècle présent, le problème reste le même. Alors, au lieu de faire mon hippy et de simplement faire la morale à mon père d’accueil, j’ai décidé d’aller plus loin et de comprendre les enjeux réels du problème :

Comment cette exploitation est-elle possible?
Es-ce que cette exploitation des plus pauvres par les plus riches est inévitable?
Quels sont les recours des plus démunies?
Si l’on refuse d’exploiter, va-t-on forcément être exploité par autrui?
Comment une exploitation peut-elle être saine?

Selon vous?
J’ai moi-même cherché réponses ici auprès d’acteurs sur le terrain mais j’aimerais, avant d’exposer leurs dires, lire vos réflexions. Aller, on prend un 5 minutes et on écrit un commentaire, il n’y a pas de mauvaises réponses ni personne pour vous juger.

-Pascal

samedi 4 juillet 2009

Rapport mi-placement

Divers

Ayant passé la dernière semaine à faire la rédaction de mon rapport mi-placement pour la FNGN, je n’ai pas été en mesure d’écrire quelque chose pour mon blog. J’avais promis de vous informer sur mon travail cette semaine et je veux quand même partager quelque chose avec vous. C’est pourquoi j’ai décidé de vous exposer le rapport que je viens de faire. « Ce n’est pas trop long » et ça résume bien ce que je suis venu faire à Titao. Donc voilà, n’hésitez pas à poser des questions sur les points que vous ne comprenez pas (ce qui ne devrait pas manquer). Aussi, le conseiller d’orientation au conseil de gestion (COCdG) c’est un producteur leader qui vient en aide aux autres producteurs moins habiles en gestion.

Dernière chose, il faut se rappeler que je ne suis pas un as en grammaire!



Ouédraogo Ibrahim, conseiller de l'union de Titao. Il pose ici fièrement devant le barrage de la ville rempli depuis la derniere grande pluie


MARCOTTE Pascal
Volontaire court terme
Ingénieurs Sans Frontières (Canada)
Rapport de mi-placement à Titao
Rapport présenté à
M. Herman Togo
Cellule de l’UAAE
Fédération Nationale des Groupement Naams
4 juillet 2009

Contexte

Ce rapport a pour but de faire le point sur l’ensemble des activités, concernant la Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN), effectuées par moi-même, volontaire d’Ingénieur Sans Frontière (ISF) Canada. Celles-ci ont pris place au sein de l’union des groupements Naam de Titao. Le dit document est subdivisé selon l’ordre suivant : principales activités effectuées, compte rendu des activités et activités prévues pour la deuxième partie du placement.

Principales activités effectuées

Suivi du conseiller au conseil à l’exploitation familiale (CEF) et du COCdG dans leurs tâches quotidiennes
Identification des thèmes d’animations nécessaires
Diagnostique des besoins en gestion du nouveau tracteur de l’union de Titao et mise en place d’outils de gestions pou celui-ci
Visite de différentes activités de l’union de Titao
Retraite ISF

Compte rendu des activités

L’activité la plus significative de cette première partie du placement a été le suivi du conseiller CEF. Il a été plus particulièrement question de la récupération des cahiers CEF auprès des adhérents au programme ainsi que d’effectuer les calculs nécessaires suite à cette récupération. Cette activité a permis la rencontre de deux membres du COCdG et des discussions pris lieu concernant leurs tâches au sein du programme. Aussi, certaines lacunes ont pu être observées concernant l’outil de collecte de donnés. Un document de recommandations pour l’amélioration de cet outil a été créé et se trouve en annexe à ce rapport.
Également, ce travail auprès du conseiller a facilité à plusieurs reprises la prise de contact avec des adhérents au programme. Ainsi, l’identification des majeures problématiques que rencontrent ceux-ci au niveau de la gestion de leur exploitation a pu être effectuée. Les principaux thèmes d’animations dégagés sont les suivants : valorisation du fumier, valorisation du travail humain, gestion du crédit, calculs de base et planification du calendrier de travail. D’autres thèmes sont toujours à l’étude tels que : concept d’amortissement, de marge brute, de charge de structure et le remplissage du cahier. Aussi, un outil, sous forme de sondage, a été élaboré afin de collecter d’avantage d’informations auprès des adhérents en ce qui concerne les sujets identifiés et plus encore. On retrouve également cet outil en annexe au présent rapport.

Concernant le diagnostique des besoins en gestion du tracteur, le travail accompli se résume à peu de chose. Une formation du chauffeur sur l’entretient de l’appareil a été identifiée comme nécessaire. Ainsi, des démarches ont été entreprises conjointement avec le président de l’union de Titao et M. Kousoube Noufou de Ouahigouya afin que la formation est lieu après la période de laboure. Également, des cahiers de gestions du tracteur ont été produits par le conseiller de l’union sans toutefois interpeller mon aide. Cependant, il faut noter que ce diagnostique fut l’une des premières tâches accomplie à Titao. Il coïncide donc avec mon adaptation à la culture et au climat burkinabé. C’est pourquoi un appui plus dynamique n’a pas pu être livré à ce niveau.

Afin d’apprendre d’avantage sur les différentes activités mises en place par la FNGN à Titao et dans les environs, plusieurs rencontres ont été organisées. Tout d’abord, il fut question de rencontrer les divers animateurs de l’union. C’est ainsi que l’animateur au greniers de sécurité alimentaire (GSA), l’animateur maraîcher et l’animateur de conservation des eaux et des sols/ agroforesterie (CES/AGF) ont été approchés. Des visites de terrain dans les deux premiers cas ont été effectuées. Un article portant sur les GSA a également été publié sur mon blog Internet personnel. L’intégralité de l’article se trouve en annexe. Aussi, des stages d’une journée ont été réalisés au niveau de la BTEC et au niveau du centre d’artisanat pour voir en quoi consistent ces structures. Finalement, une visite à la plateforme multifonctionnelle du village de You a été accomplie pour encore une fois prendre conscience du fonctionnement de ce projet.

En date du 17 juin, une retraire d’Ingénieurs Sans Frontières a été organisée dans la ville de Dori. Elle s’est par la suite continuée à Ouagadougou. D’une durée de cinq jours, elle avait pour but de réunir tous les volontaires ISF court terme en place au Burkina pour l’été 09 (au nombre de neuf). Il a d’abord été question de faire une mise au point sur notre intégration culturelle et sociale au Burkina Faso. Puis, des bonnes pratiques ont été échangées concernant nos méthodes de travail avec nos organisations respectives. La deuxième moitié de cette retraite s’est déroulée en présence des volontaires ISF long terme. Des sujets concernant la réorientation structurelle de l’ensemble du programme ISF ont été abordés. Il a également été question du rôle que va prendre notre organisation dans l’élaboration du guide CEF que M. Philippe Somé a entrepris de réaliser. Aussi, les principales structures pratiquant le CEF au Burkina seront mise au courant de ce projet dans un avenir rapproché. La retraite a pris fin sur un débat aillant pour thème: « L’aide n’a jamais aidé personne ».



Activités prévues pour la deuxième partie du placement

Récupération des cahiers restants et calculs des résultats
Remplissage du sondage auprès d’un minimum de cinq groupes adhérents + conseiller + deux membres du COCdG (Titao et Pobé Mengao)
Essais des premiers pilotes d’animations par l’intermédiaire du conseiller et du COCdG de Titao
Séjour d’étude à Pobé Mengao
Création d’un ébauche du guide d’animation CEF
Visite de terrain avec l’animateur CES/AGF et rédaction d’un article de format « blog Internet » en réponse à cette visite
Rencontre du deuxième animateur maraîcher (CISV) de l’union de Titao

Pour conclure, il est intéressant de noter qu’après avoir tissé des liens forts avec les principaux acteurs du site de Titao et après m’être adapté aux conditions inhérentes au placement, je suis maintenant en mesure de donner mon plein potentiel et ainsi de remplir l’ensemble de mes termes de référence. Il faut cependant noter que ces même termes de référence devront être ajustés advenant une remise en question de la responsabilisation du COCdG en animateur CEF.
En terminant, toutes critiques constructives en réaction à ce rapport sera fortement appréciées.