samedi 30 mai 2009

Aide matérielle ou aide technique?

Côté personnel

Leçon de la semaine : ne jamais approcher un âne par derrière. Sinon outre le fait que j’ai un énorme bleu sur la cuisse parce que je me suis fais ruer par cet âne (encore content qu’il n’est pas atteint des parties disons… plus douloureuses), je suis en très bonne santé. Je fais du jogging tous les matins et joue au foot avec les enfants tous les soirs. Je dirais même que j’ai un régime de vie ici au Burkina beaucoup plus équilibré qu’au Canada! Je dois quand même mentionner que la nourriture ici est par contre beaucoup moins variée. De la bouillie de riz tous les matin, de la farine de sorgho mélangée avec de l’eau tous les midis et tous les soirs. Encore heureux que je me sois amené quelques multivitamines pour compléter le tout. Côté psychologique, je dois avouer que mes proches commencent sérieusement à me manquer et que je m’ennuie également de plusieurs petites choses de mon quotidien canadien. Beaucoup dissent que c’est une réaction tout à fait normale qui se produit durant le premier mois à l’étranger donc je ne m’en fais pas trop avec cela. Les gens ici sont tellement attentionnés et accueillant que je suis sûr que tout ira très bien pour les prochains mois à venir. En plus, je commence à bien me débrouiller en mooré! Moore yaa nana!


Suivi du stage

Pour ce qui de l’immersion culturelle, je ne pourrais pas demander mieux. J’ai fait une foule d’activités vraiment intéressantes cette semaine. Écouter un match de foot avec le chef du village et ses amis, aller faire un tour au marché principal de Titao qui a lieu une fois par semaine, visionner le film de Sankara (regretté ex-président du Faso qui a fait la révolution en 83 et a été assassiné en 87) et ultimement participer à une nuit culturelle à la maison des jeunes. De tout ce que j’ai fait au Burkina jusqu’à maintenant, cette nuit a été de loin la plus intéressante culturellement parlant. Danse, musique et humour burkinabé, le tout organisé par les élèves du lycée communal de Titao. J’ai été réellement surpris à quel point l’humour d’ici diffère de celui du Canada. On devait être environ 300 spectateurs et quand je trouvais une blague drôle (avec mes aptitudes en mooré très limitées), j’étais le seul dans l’assistance à rire. Le seul blanc d’ailleurs. Par contre, alors que je trouvais certaines blagues ridicules, tout le monde riait de bon cœur. Ils ont même ri sur l’équivalemment d’une joke québécoise de bébé mort! C’était fou de voir les femmes en train d’allaiter et de rire lorsqu’on parle de bébé se fessant égorger. Bref, très dépaysant comme soirée!
Au niveau du travail, je suis vraiment content de la tournure des choses. Alors qu’on m’avait à plusieurs reprises dit qu’au Burkina je ne devais pas m’attendre à travailler avec du monde productif, mon collège ici est vraiment tout le contraire. En une semaine, nous avons déjà passé à travers d’environ la moitié des objectifs que l’on s’était fixé au début de mon placement. Nous sommes déjà en train de finaliser un outil pour faire la gestion du tracteur que la ville de Titao s’est procurée il y a quelques mois. Nous avons également fait plusieurs sorties de terrain pour rencontrer des producteurs et j’ai pu m’entretenir (par le biais de mon collège qui fessait la traduction) sur le conseil de gestion avec eux. Pour ceux qui ne connaissent pas le conseil de gestion, c’est un service qu’offre l’union paysanne avec laquelle je travaille et qui permet aux producteurs de faire des prévisions sur leurs productions basées sur un suivi que fait un conseiller avec eux. Ma tâche première au Burkina est d’identifier les failles de ce service et par la suite faire des recommandations au niveau de la Fédération Nationale des Groupements Naams (FNGN). C’est cette entité qui supervise l’union avec laquelle je travaille. Donc, beaucoup de blabla pour tout simplement vous dire que mon travail ici débute sur une très bonne note.


Développement durable vu de l’intérieur

Aide matérielle ou aide technique? Dons d’argent, de machineries, construction d’infrastructures ou bien développement de capacités et support technique? Qu’es-ce qui est le mieux?
Voilà, je me suis posé ces questions en travaillant sur la gestion du nouveau tracteur. Celui-ci a en fait été acheté par la ville en collaboration avec les Suisses. Ceux-ci sont très présents à Titao. Ils ont construit bons nombres d’infrastructures (pharmacie, écoles, centre médicale, etc.) et ont financé plusieurs projets (tracteur, motopompes, etc.). À première vue, nous sommes portés à applaudir ce travail colossal qu’ils ont fait ici. Par contre, en regardant de plus près, on se rend compte qu’ils ont omis plusieurs points importants dans leur approche.

Si l’on revient au tracteur, ce qu’on ne sait pas, c’est que celui-ci n’a pas quitté la cours de l’union depuis qu’il est arrivé. Pourquoi? Personne n’est en mesure de le conduire, aucun manuel d’instruction, aucune manière de savoir comment le réparer si il brise, etc. Fait intéressant à noter, il y a déjà trois autres tracteurs à Titao et ils sont tous cloués sur place. Que ce soit parce qu’ils sont en panne ou parce que le chauffeur est parti dans une autre ville, ceux-ci sont maintenant inutilisables! Donc, si je vous repose la question, es-ce que les Suisses font un travail extraordinaire ici à Titao? Cela n’engage que moi, mais je crois qu’ils n‘ont toujours rien compris!
Pour revenir à nos questions initiales, je crois qu’une bonne balance entre l’aide matérielle et technique est essentielle pour qu’un projet de développement soit durable. Sans le support technique (ex : des formations), les apports matériels sont fréquemment voués à l’échec. Le tracteur en est la preuve. Il faut noter par contre qu’un minimum d’aide matérielle est également essentiel pour que l’apport technique soit efficace. Je parle ici de financement pour les formations et/ou matériels sur lesquels donner ces formations (plateformes multifonctionnels, tracteurs, motopompes, etc.).
Dans le même ordre d’idées, je vais, dans les semaines à venir, aller visiter le village où a eu lieu le projet du GICIUS (regroupement universitaire de Sherbrooke). Pour faire bref, ils ont construit une usine d‘étuvage de riz pour faciliter la tâche des femmes burkinabés. Depuis leur retour au Canada, cette usine a été cadenassée et est depuis inutilisée. Avant de m’avancer trop loin sur le sujet (au risque de choquer certains étudiants de Sherbrooke), je vais effectuer la visite et je reviendrai sur le sujet dans les mois à venir.


Un vieux tracteur gaté qui repose dans la cour de la mairie de
Titao

Divers

Encore une fois, je vous invite à poser vos questions et à me relancer sur n’importe quels sujets. L’accès à l’Internet ici est très limité et je m’excuse d’avance si jamais je ne suis pas en mesure de répondre à vous tous. Merci

-Pascal

mardi 19 mai 2009

Premier pas!

Côté personnel

Il est environ midi et la température environne les 38°C. C’est en se déplaçant en moto dans les rues de Ouahigouya et en regardant autour de moi que je réalise enfin. Je suis en Afrique!
Pour ceux et celles à qui je n’ai pas donné de nouvelles depuis longtemps, ou pour les curieux qui sont tombés sur mon blog, je vais faire un résumer rapide des événements qui ont été décisifs pour la tournure de mon premier stage universitaire. C’est justement lors de ma première journée à l’université (j’étudie présentement en génie biotechnologie à Sherbrooke) que j’ai entendu parler d’Ingénieurs Sans Frontière (ISF). Ce groupement étudiant offrait un stage de développement durable de 4 mois pour l’été 09 au Burkina Faso. Cherchant à vivre une aventure semblable à celle que j’ai vécu au Honduras il y a maintenant deux hivers de cela, j’ai décidé d’appliquer sur l’offre d’ISF. Comme vous pouvez vous en douter, j’ai été sélectionné pour être le représentant de Sherbrooke outremer cet été! Alors, c’est avec un groupe de huit autres gens d’universités différentes que je suis parti il y maintenant cinq jours de Toronto en direction de Ouagadougou. Les principales raisons qui me motive en se moment sont très certainement de m’ouvrir sur le monde, de gagner de la maturité et d’acquérir des expériences de vie.




Moi et les huit autres stagières durant notre escale à Paris

Suivi du stage

C’est après un entraînement intensif d’une semaine à Toronto et après environ 15h de vole et d’escale que je me retrouve dans la capitale du Burkina, Ouagadougou. Aussitôt arrivé, je fais de suite la rencontre des faux types. Des Burkinabés qui ont su flairer l’argent facile des blancs naïfs. Par ici, on les appelle les « rastas ». Ils vous collaient à la peau tout en essayant de vous vendre des instruments de musique, en vous proposant de devenir votre guide pour le séjour et autres stratagèmes pour qu’on sorte le porte monnaies. Bref, une très triste première impression d’un peuple qui m’a par la suite fascinée de par leur générosité et leur hospitalité.
Mes collèges et moi avons séjournés les trois premiers jours dans un petit hôtel très sympa et avec toutes les commodités espérées. C’est là-bas que l’on a fait notre entraînement dit « à l’intérieur du pays ». Comment se comporter avec nos futures familles d’accueilles (chaque stagiaire va se retrouver isolé dans son/sa village/ville), comment agir au travail, qu’es-ce qu’on attend réellement de nous, etc. La partie la plus intéressante de cet entraînement était selon moi l’après midi entière où l’on devait individuellement nous rendre au marché central et acheter divers objets dont on ignorait le prix. C’est rendre la vie facile au rastas quoi! Malgré qu’on s’est tous fait avoir (c’est le but de l’activité) l’expérience fut très enrichissante.
Me voilà maintenant à Ouahigouya , ville de mon coach ISF qui va me supporter tout le long de mon stage, à 45 km de ma destination finale, Titao. C’est à Titao que je vais passer la plus part de mon temps à rencontrer des agriculteurs et identifier avec eux quelles problématiques ils ont rencontrés concernant leurs exploitations agricoles. Ces données serviront par la suite à divers regroupements paysans afin que ceux-ci puissent sensiblement ajuster leurs approches d’aide à la production. À suivre…

Développement durable vu de l’intérieur

Donnez moi encore quelques temps au Burkina et je vais élaborer d’avantage cette partie de mon blog.

Divers

Je vous invite par contre à laisser vos commentaires et me challenger avec des questions que vous croyez que je ne serai pas en mesure de répondre. Également, s’il y a quoi que se soit que vous n’avez pas compris ou que vous voulez que j’approfondisse, laissez moi le savoir. Je n’ai pas l’Internet à Titao donc les réponses/messages vont probablement prendre du temps à venir mais je vous assure que je vais prendre le temps de regarder tout ça.

ps: désolé pour les fautes

-Pascal