lundi 17 août 2009

Précisions sur le fond d'investissement Canada Faso

Voici des éléments nouveaux du projet que j’ai baptisé “fond d’investissement Canada Faso”. La lecture des idées principales de ce fond est préalable à cette lecture-ci. On retrouve ces idées dans le message précédant sous la section Développement durable vu de l’intérieur.



13/08/09, Rencontre avec la RBTEC


Présent à la rencontre : Pascal Marcotte, volontaire court terme d’ISF
Étienne Renaud Roy, volontaire long terme d’ISF
Ghassimi Diallo, directeur de la RBTEC
« Le congolais », stagiaire venu en appui à la RBTEC

  • Remise de la carte d’affaire de M. le directeur aux volontaires d’ISF.
  • L’idée a d’abord reçu un accueil chaleureux et il a été mentionné que de telles démarches étaient attendues depuis déjà longtemps de la part d’ISF.
  • M. Claude Bergeron et sa femme sont des retraités vivant à Sherbrooke et ayant travaillés en collaboration avec la BTEC dans le passé. Cette collaboration a été facilitée par l’organisation SACO. Une prise de contacte sera effectuée à mon retour à Sherbrooke.
  • M. Ghassimi se trouvera dans la ville de Sherbrooke cet automne dans le cadre d’un voyage d’échange. Les dates restes à déterminer. Une conférence de presse en collaboration avec ce dernier permettant le lancement du projet et par le fait même une levé de fond pourra être envisagée. Chose certaine, si le projet trouve aboutissant, une rencontre entre la section de Sherbrooke et le directeur de la RBTEC sera organisée.
  • Cette structure nous garantie une sécurité d’investissement de 100%, ayant elle- même un taux de recouvrement de 95,76% du crédit à échéance. Son taux de recouvrement atteint les 100% si l’on compte les retards de paiements.
  • Aucun seuil minimal d’investissement n’est demandé de la part de la RBTEC, partant du principe qu’une prise d’ampleur du projet est envisageable.
  • Un calendrier des activités est à prévoir et celui-ci doit tenir compte des contraintes que représente le régime COOP à l’UdeS. Par la suite, un contrat devra être élaboré et présenté à la FNGN par les volontaires ISF.
  • L’injection/retrait des investissements se tiendrait annuellement et se ferait par virement bancaires. La date et le coût des frais bancaires restent à déterminer.
  • Des questions traitant de la durée prévue de l’investissement et du public ciblé par le crédit ont été soulevées par le directeur. Une durée d’un an renouvelable et une liberté d’action totale de la RBTEC ont été arrêtées en réponse à ces questions.
  • Le taux d’intérêt sur l’investissement offert par la RBTEB s’élève à 5%
  • Une rencontre avec le directeur de la FNGN sera organisée dans les jours qui viennent afin de clarifier le projet
  • Durée de la rencontre : 1h



Qu’en pensez-vous? Certains points restent très certainement à éclaircir. J’aimerais que vous m’aidiez à identifier ces points.

-Pascal

mercredi 12 août 2009

Fond d'investissement Canada/Burkina

Divers

Voilà, je crois bien que c’est le dernier message que je vais publier sur ce blog. Comme je retourne au Canada dans à peine deux semaines, je vais maintenant me concentrer sur le travail qu’il me reste à accomplir ici.

J’aimerais remercier tous ceux qui m’ont suivis durant mon stage. Aussi, j’aimerais également vous demander un dernier effort et je voudrais que vous preniez le temps de lire attentivement ce message. J’ai vraiment besoin de « feed-back » sur mes idées.

Suivi du stage

Voulant focaliser sur l’idée de projet qui me tourne dans la tête depuis quelques jours, je vais abréger un peu les deux prochaines sections (au plaisir de plusieurs j’en suis sûr).

Depuis mon arrivé à Ouahigouya, j’ai rencontré des difficultés au travail que je n’avais vraiment pas prévu. Sans entrer dans les détails, des conflits internes, concernant notamment la place de ISF au sein de l’organisation pour laquelle je travaille, ont éclatés et nuisent maintenant beaucoup à mon stage. Je vous arrête tout de suite, je n’y suis pour rien dans l’amorce de ces conflits! J’ai par contre clairement servi de catalyseur à la situation. Malgré tout, je suis quand même très fier du travail que j’ai accompli ici et je vois plutôt tout ça comme un leçon de vie.

Coté personnel

À ce niveau, je serais prêt à rester au Burkina encore 4 mois!¸Je me suis trouvé une famille très sympathique située au centre-ville de Ouahigouya. Je prévoyais trouver quelque chose de plutôt en brousse mais finalement, pour des raisons diverses, je n’ai pas pu. Malgré tout, je suis plus que satisfait de l’endroit où je loge maintenant.

Au niveau santé, il n’y a que du positif. Après un traitement choc, suite à une visite chez le médecin, j’ai retrouvé la santé. Je peux même dire que je n’ai jamais été en aussi bonne santé et ce, depuis plusieurs années. Je continue toujours mon entraînement quotidien et j’ai commencé à m’empiffrer pour reprendre les « quelques » kilos qui j’ai pu perdre durant mon séjour au Burkina. Je suis aussi rendu un vrai expert pour faire le thé « Burkina style ».

Développement durable vu de l’intérieur

Bon, nous y voici. Pour la fin de mon placement, ISF me demande de réfléchir à comment je compte transmettre ce que j’ai appris au Canada. Plus précisément, il est question d’identifier les raisons pourquoi les Canadiens sont déconnectés de la réalité burkinabé et de mettre en place un projet innovateur pour faire le pont entre nos deux pays.

Étant moi-même l’exemple parfait de quelqu’un pour qui l’Afrique lui passait cent pieds par-dessus la tête il n’y a même pas un an, j’ai débuté mon raisonnement à partir de là. Pourquoi ce désintéressement? Quelles étaient les barrières qui m’empêchaient de voir le monde du développement comme quelque chose d’utile? Plus intéressant encore, pourquoi je me suis finalement intéressé à la cause?

Après quelques réflexions, je crois avoir trouvé les réponses à ces questions. En fait, malgré quelques personnes que je qualifiais jusque là de «foutu hippys », ce n’est vraiment pas donné à tout le monde d’être empathique envers la population africaine. J’irais même jusqu’à dire qu’une grande majorité de la population canadienne ne sera jamais touché par cette cause malgré toute la sensibilisation qui pourrait être faite. Maintenant, me reconnaissant dans cette dernière catégorie, pourquoi me suis-je intéressé au Burkina?

Tout simplement parce que j’ai entrevu une opportunité de gagner personnellement quelque chose dans ce processus. C’est en fait le message que je veux transmettre à mon retour au Canada : les bénéfices du développement sont à double sens. Je n’irais pas jusqu’à me qualifier de purement égoïste mais, je pense qu’il y a plusieurs manières de motiver les gens et d’utiliser le profit personnel me semble un moyen tout à fait adapté à la population Canadien. Pas que j’insinue que celle-ci est égoïste, seulement qu’en dépit d’être motivée par empathie pour les Africains, il faut trouver des alternatives.

Ça c’est une chose. Deuxièmement, j’aimerais vraiment faire comprendre aux Canadiens le potentiel énorme qu’on retrouve en la population burkinabé elle-même. Les gens sont entreprenants, innovateurs, astucieux et encore plus important, ils sont constamment à la recherche d’opportunités pour améliorer leur sort. Aussi, étant l’une des aspects qui m’a surpris le plus durant mon voyage, ce potentiel humain est clairement sous-estimé par les Canadiens.



Mon ami Moustafa travaillant fièrement dans son champ de riz


On mélange ces deux aspects, on réfléchie un peu et on obtient un « fond d’investissement Canada/Burkina ». Voilà les principales lignes directrices du projet que j’aimerais implémenter.
En collaboration avec une institution de micro crédit installée au Burkina et appelée la Baore tradition d’épargne et de crédit (BTEC), je voudrais récolter de l’argent auprès de Canadiens puis investir dans des petits projets paysans ici au Burkina.


La RBTEC est en fait une sous-unité de la FNGN avec laquelle ISF a tissé de bons liens

Cependant, à la différence de « l’aide traditionnel » qui demande de donner sans retour, cet investissement reviendrait au Canada avec les intérêts qu’il a généré. Donc, un an après avoir donner de l’argent dans quelque chose qu’ils croyaient être un classique « projet de foutu hippys », les investisseurs vont se voir retourner leur argent avec un petit bénéfice. Aussi, ils recevront une copie du dossier de crédit du projet qu’ils ont permis de financer.
Ainsi, on retrouve les deux messages que je voudrais passer au Canada. Les gens vont pouvoir prendre conscience du niveau d’entreprenariat des Burkinabé grâce aux dossiers de crédit distribués et plus important encore, ils vont constater un bénéfice personnel et tangible à avoir aidé l’Afrique, un retour sur l’investissement.

Voici donc une première ébauche d’un projet que je compte réaliser cet automne avec la gang d’ISF de Sherbrooke. Pour ceux de la section qui lissent en ce moment, j’aurais aimé vous l’annoncer autrement mais bon… on va avoir du boulot dans les mois qui viennent!

Maintenant c’est à vous de vous exprimer. J’aimerais savoir ce que vous penser de mon idée de projet. Que pensez-vous de l’idée en général? Des messages que je veux faire circuler? Es-ce que j’aurais oublier des points importants? Vous avez des idées sur le public que je devrais cibler de retour au Canada? J’ai vraiment besoin de votre aide sur ce point alors on fait un effort et on écrit nos impressions. Merci

-Pascal

jeudi 23 juillet 2009

Trafique d'or

Divers

Tout d’abord, désolé pour le délai! Durant les semaines à venir, je vais avoir un accès plus stable à Internet et je vous promets d’écrire plus fréquemment!

Suivi du stage

Voilà, c’est officiel. Ce matin, j’ai fait mes adieux à ma famille d’accueille ainsi qu’à tous mes amis de Titao. Malgré que je n’aie aucun recul sur la situation, je suis extrêmement satisfait de mon séjour là-bas. J’ai appris une foule de choses, autant au plan culturel qu’au niveau du développement. J’ai tenu des conversations inoubliables avec des personnages vraiment fascinants. De chefs coutumiers jusqu’au représentants d’ONG, passant par de simples producteurs de pommes de terres, ma vision du monde a été bouleversée. Je pourrais vous parler des difficultés que rencontrent les producteurs à prévoir à long terme, ou encore des commerçants qui utilisent cette faiblesse pour acquérir des sommes qui pourraient faire rêver la plupart des Canadiens. Cependant, c’est toujours la même phrase qui me vient en tête : « Il faut le voir pour le croire ». Ce serait irrespectueux envers l’univers burkinabé que de le résumer en seulement quelques lignes sur une page Internet.







Rue principale de Titao lors du jour du marché

Pour revenir à quelque chose d’un peu plus tangible, je suis également assez satisfait du travail que j’ai effectué à Titao. Mes collèges semblent également avoir appréciés mon travail, du moins de ce que j’ai pu en tirer des discussions qui se sont tenues suite à la rencontre de restitution de mon travail. Pour la suite des choses, une grande rencontre va se tenir dans les jours à venir et celle-ci devrait déterminer mon travail pour les semaines qui suivent. Pour tout dire, j’attendais cette réunion avec impatience depuis plusieurs jours et je suis très enthousiasme d’y participer. Je travaille au sein d’une structure très performante pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté et le rôle qui m’est attribué me motive vraiment. Je suis en mesure de voir que mon travail a un impact réel sur le terrain, aspect qui est selon moi très rare dans le domaine du développement. Sans embarquer trop dans les détails, on parle même d’incorporer mon travail au Guide CEF qui sera bientôt en circulation dans tout le Burkina et qui servira de modèle pour les organisations qui veulent se lancer dans le Conseil à l’Exploitation Familiale (CEF).
Seul problème à l’horizon, ma tâche ici ne fait que débuter et il ne me reste plus qu’un seul mois pour m’en acquitter…



De gauche à droite: conseiller de l'union, animateur maraîcher, paysans et animateur en conservation des eaux et des sols (CES)

Coté personnel

À ce niveau, pour être honnête, les choses se sont un peu gâtées durant les semaines passées. Tout a commencé par une chute brutale au niveau de la santé. Infections après infections, pierres aux reins, problèmes digestifs et d’avantage, le mois dernier n’a pas tout à fait été tendre avec moi. Morale de l’histoire, écouter ma petite maman et redoubler de prudence concernant ma santé. Je vais également aller passer un examen complet dans les jours à venir pour en avoir le cœur net. L’endroit où je vais loger dans les semaines à venir (en ville ou en milieu rural) va dépendre des résultats de cette visite à l’hôpital. Pour l’instant, je séjourne au foyer de l’organisation pour laquelle je travaille.

Un entraînant l’autre, le moral a également suivi la tendance et s’est retrouvé assez bas. Mon départ de Titao et mon retour au Canada qui arrive ont également contribué à faire que les petites choses banales de ma vie canadiennes me manquent de plus en plus. Également, après deux mois de découvertes culturelles, la vie ici est devenue plus ordinaire et n’a rien avoir avec ses débuts que je qualifierais de « romantiques ». Par contre, la situation est loin d’être alarmante et m’indique seulement que je dois m’ajuster. Retrouver la santé, aller chercher mon énergie dans le travail et préparer mon retour au Canada sont en haut de ma liste de priorités.


Sow et Papa, mes deux coups de coeur de Titao


Développement durable vu de l’intérieur

Alors que j’envisageais faire un article sur la conservation des sols et des eaux au Burkina (une des nombreuses activités menées par la FNGN), j’ai tout récemment vécu une expérience très troublante et qui m’a fait beaucoup réfléchir.

Durant les derniers jours de mon séjour à Titao, j’ai décidé d’aller visiter Rambo, le village d’origine de mon père d’accueil. Il faut d’abord savoir que l’homme en question est un très grand commerçant et est reconnu dans tout le nord du Faso. Ne parlant que certaines langues locales essentielles à son travail, je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment discuter avec lui.

Le soir, arrivé à Rambo, le père vient s’asseoir prendre le thé avec moi et son fils. C’est là qu’il sort un petit caillou de sa poche. Peut-être petit, le caillou était en fait de l’or véritable et valait à lui seul 1 000 000 FCFA (environ 2 500 $ Can). Après avoir causé un peu, par l’intermédiaire de son fils, j’apprends qu’il possède plusieurs mines d’or dans les environs. Mais voilà qu’il me fait sa proposition. Prendre contact, il achète de l’or pour moi et on passe par le Ghana pour faire le trafique entre le Burkina et le Canada. Me promettant que cette pratique pourrait me rendre riche, il me laisse sa carte d’affaire et me demande de réfléchir à sa proposition.



Ibrahim esseyant d'entrevoir la profondeur du trou






Ça fait peur non? Normal que les travailleurs doivent se droguer pour rentrer dans ces trous!



Ça pour y avoir réfléchi, j’y est réfléchi! Ayant visité des sites d’or, je peux clairement dire que d’embarquer dans un tel commerce c’est carrément approuver les conditions horribles dans lesquelles évoluent les « mineurs traditionnels ». C’est avec un peu de recule que j’ai vraiment compris l’enjeux éthique de cette question. Celle-ci représente en fait un des causes fondamentales de la situation actuelle dans ce fameux « tiers-monde ». Depuis la colonisation, l’exploitation de ses ressources, ou plutôt le vole de ses ressources, effectué par les pays riches à contribuer à plonger le Burkina dans une pauvreté extrême. Que ce soit l’exploitation des ressources humaines (la traite d’esclaves) des siècles antérieurs ou encore l’exploitation des ressources naturelles du siècle présent, le problème reste le même. Alors, au lieu de faire mon hippy et de simplement faire la morale à mon père d’accueil, j’ai décidé d’aller plus loin et de comprendre les enjeux réels du problème :

Comment cette exploitation est-elle possible?
Es-ce que cette exploitation des plus pauvres par les plus riches est inévitable?
Quels sont les recours des plus démunies?
Si l’on refuse d’exploiter, va-t-on forcément être exploité par autrui?
Comment une exploitation peut-elle être saine?

Selon vous?
J’ai moi-même cherché réponses ici auprès d’acteurs sur le terrain mais j’aimerais, avant d’exposer leurs dires, lire vos réflexions. Aller, on prend un 5 minutes et on écrit un commentaire, il n’y a pas de mauvaises réponses ni personne pour vous juger.

-Pascal

samedi 4 juillet 2009

Rapport mi-placement

Divers

Ayant passé la dernière semaine à faire la rédaction de mon rapport mi-placement pour la FNGN, je n’ai pas été en mesure d’écrire quelque chose pour mon blog. J’avais promis de vous informer sur mon travail cette semaine et je veux quand même partager quelque chose avec vous. C’est pourquoi j’ai décidé de vous exposer le rapport que je viens de faire. « Ce n’est pas trop long » et ça résume bien ce que je suis venu faire à Titao. Donc voilà, n’hésitez pas à poser des questions sur les points que vous ne comprenez pas (ce qui ne devrait pas manquer). Aussi, le conseiller d’orientation au conseil de gestion (COCdG) c’est un producteur leader qui vient en aide aux autres producteurs moins habiles en gestion.

Dernière chose, il faut se rappeler que je ne suis pas un as en grammaire!



Ouédraogo Ibrahim, conseiller de l'union de Titao. Il pose ici fièrement devant le barrage de la ville rempli depuis la derniere grande pluie


MARCOTTE Pascal
Volontaire court terme
Ingénieurs Sans Frontières (Canada)
Rapport de mi-placement à Titao
Rapport présenté à
M. Herman Togo
Cellule de l’UAAE
Fédération Nationale des Groupement Naams
4 juillet 2009

Contexte

Ce rapport a pour but de faire le point sur l’ensemble des activités, concernant la Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN), effectuées par moi-même, volontaire d’Ingénieur Sans Frontière (ISF) Canada. Celles-ci ont pris place au sein de l’union des groupements Naam de Titao. Le dit document est subdivisé selon l’ordre suivant : principales activités effectuées, compte rendu des activités et activités prévues pour la deuxième partie du placement.

Principales activités effectuées

Suivi du conseiller au conseil à l’exploitation familiale (CEF) et du COCdG dans leurs tâches quotidiennes
Identification des thèmes d’animations nécessaires
Diagnostique des besoins en gestion du nouveau tracteur de l’union de Titao et mise en place d’outils de gestions pou celui-ci
Visite de différentes activités de l’union de Titao
Retraite ISF

Compte rendu des activités

L’activité la plus significative de cette première partie du placement a été le suivi du conseiller CEF. Il a été plus particulièrement question de la récupération des cahiers CEF auprès des adhérents au programme ainsi que d’effectuer les calculs nécessaires suite à cette récupération. Cette activité a permis la rencontre de deux membres du COCdG et des discussions pris lieu concernant leurs tâches au sein du programme. Aussi, certaines lacunes ont pu être observées concernant l’outil de collecte de donnés. Un document de recommandations pour l’amélioration de cet outil a été créé et se trouve en annexe à ce rapport.
Également, ce travail auprès du conseiller a facilité à plusieurs reprises la prise de contact avec des adhérents au programme. Ainsi, l’identification des majeures problématiques que rencontrent ceux-ci au niveau de la gestion de leur exploitation a pu être effectuée. Les principaux thèmes d’animations dégagés sont les suivants : valorisation du fumier, valorisation du travail humain, gestion du crédit, calculs de base et planification du calendrier de travail. D’autres thèmes sont toujours à l’étude tels que : concept d’amortissement, de marge brute, de charge de structure et le remplissage du cahier. Aussi, un outil, sous forme de sondage, a été élaboré afin de collecter d’avantage d’informations auprès des adhérents en ce qui concerne les sujets identifiés et plus encore. On retrouve également cet outil en annexe au présent rapport.

Concernant le diagnostique des besoins en gestion du tracteur, le travail accompli se résume à peu de chose. Une formation du chauffeur sur l’entretient de l’appareil a été identifiée comme nécessaire. Ainsi, des démarches ont été entreprises conjointement avec le président de l’union de Titao et M. Kousoube Noufou de Ouahigouya afin que la formation est lieu après la période de laboure. Également, des cahiers de gestions du tracteur ont été produits par le conseiller de l’union sans toutefois interpeller mon aide. Cependant, il faut noter que ce diagnostique fut l’une des premières tâches accomplie à Titao. Il coïncide donc avec mon adaptation à la culture et au climat burkinabé. C’est pourquoi un appui plus dynamique n’a pas pu être livré à ce niveau.

Afin d’apprendre d’avantage sur les différentes activités mises en place par la FNGN à Titao et dans les environs, plusieurs rencontres ont été organisées. Tout d’abord, il fut question de rencontrer les divers animateurs de l’union. C’est ainsi que l’animateur au greniers de sécurité alimentaire (GSA), l’animateur maraîcher et l’animateur de conservation des eaux et des sols/ agroforesterie (CES/AGF) ont été approchés. Des visites de terrain dans les deux premiers cas ont été effectuées. Un article portant sur les GSA a également été publié sur mon blog Internet personnel. L’intégralité de l’article se trouve en annexe. Aussi, des stages d’une journée ont été réalisés au niveau de la BTEC et au niveau du centre d’artisanat pour voir en quoi consistent ces structures. Finalement, une visite à la plateforme multifonctionnelle du village de You a été accomplie pour encore une fois prendre conscience du fonctionnement de ce projet.

En date du 17 juin, une retraire d’Ingénieurs Sans Frontières a été organisée dans la ville de Dori. Elle s’est par la suite continuée à Ouagadougou. D’une durée de cinq jours, elle avait pour but de réunir tous les volontaires ISF court terme en place au Burkina pour l’été 09 (au nombre de neuf). Il a d’abord été question de faire une mise au point sur notre intégration culturelle et sociale au Burkina Faso. Puis, des bonnes pratiques ont été échangées concernant nos méthodes de travail avec nos organisations respectives. La deuxième moitié de cette retraite s’est déroulée en présence des volontaires ISF long terme. Des sujets concernant la réorientation structurelle de l’ensemble du programme ISF ont été abordés. Il a également été question du rôle que va prendre notre organisation dans l’élaboration du guide CEF que M. Philippe Somé a entrepris de réaliser. Aussi, les principales structures pratiquant le CEF au Burkina seront mise au courant de ce projet dans un avenir rapproché. La retraite a pris fin sur un débat aillant pour thème: « L’aide n’a jamais aidé personne ».



Activités prévues pour la deuxième partie du placement

Récupération des cahiers restants et calculs des résultats
Remplissage du sondage auprès d’un minimum de cinq groupes adhérents + conseiller + deux membres du COCdG (Titao et Pobé Mengao)
Essais des premiers pilotes d’animations par l’intermédiaire du conseiller et du COCdG de Titao
Séjour d’étude à Pobé Mengao
Création d’un ébauche du guide d’animation CEF
Visite de terrain avec l’animateur CES/AGF et rédaction d’un article de format « blog Internet » en réponse à cette visite
Rencontre du deuxième animateur maraîcher (CISV) de l’union de Titao

Pour conclure, il est intéressant de noter qu’après avoir tissé des liens forts avec les principaux acteurs du site de Titao et après m’être adapté aux conditions inhérentes au placement, je suis maintenant en mesure de donner mon plein potentiel et ainsi de remplir l’ensemble de mes termes de référence. Il faut cependant noter que ces même termes de référence devront être ajustés advenant une remise en question de la responsabilisation du COCdG en animateur CEF.
En terminant, toutes critiques constructives en réaction à ce rapport sera fortement appréciées.

samedi 27 juin 2009

Entraite villageoise et développement

Divers


C’est après avoir terminé ce message que je me rends compte que je ne vous ai pas encore expliqué clairement en quoi consiste mon travail ici et quels moyens j’utilise pour l’accomplir. Dans le prochain message, promis!

Suivi du stage

Faire du dromadaire c’est trop hot! Malgré qu’on ne puisse pas réellement appeler ça le désert (paysage constitué de quelques arbres et d’un peu d’herbes puisque la pluie était tombée la veille), j’ai tout de même trouvé quelques dunes de sable sur lesquelles me hisser avec ma monture. Seul petit problème, le guide, dans lequel on avait une totale confiance, nous a arnaqué d’environ 100 000 FCFA (250 $).


Pas la meilleur mais bon... moi et mon dromadaire en pleine action

Revenus à Ouagadougou, pour se consoler, nous sommes allés regarder le match de qualification pour la coupe du monde 2010 entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. Expérience vraiment unique d’autant plus qu’il a fallu travailler très fort pour rentrer dans un stade déjà plein à craquer. C’est du côté ivoirien qu’on a finalement réussi à avoir des sièges. Inutile de vous dire qu’on n’était pas beaucoup de ce côté à supporter le Faso.
Bon, si je vous parle également de l’enterrement de vie de garçon que nous avons organisés pour un stagiaire long terme ISF, vous allez croire que cette retraire n’était pas sérieuse! Nous avons quand même passé deux jours intensifs à faire le point sur le travail que nous avons effectué le mois passé et nos objectifs pour les mois futurs. Nous avons aussi passé une journée à parler des changements fondamentaux que ISF va entreprendre dans les jours à venir autant au niveau de son programme canadien que de son programme outremer.
De plus, la rencontre d’ISF m’a permis de me rendre que je devais maintenant me refocaliser sur mon travail ici. Je pense que ma position actuelle à Titao est excellente pour avoir un impact tangible sur la pauvreté des environs. J’ai un homologue extrêmement compétent, les gens ici sont très ouverts aux innovations et la ville est très dynamique au niveau du développement. Je crois que c’est désormais à ce niveau que je vais aller chercher ma motivation. Qui aurait pu se douter de ça, un Pascal qui, il y a 8 mois, se foutait complètement de ce qui va lui donner l’énergie de continuer aujourd’hui.


Côté personnel

Gourmandise, péché mortel! Après avoir passé un mois à ne manger que du riz, de la farine et de l’eau, je n’ai pas su résister à tout ce que pouvait m’offrir Ouagadougou. Je ne sais pas si c’est les hamburgers, les frites ou le fromage mais, il y a quelque chose dans ce que j’ai mangé dans la capitale du Burkina qui m’a rendu malade. Quoi qu’il en soit, après quelques jours de traitement aux antibiotiques ça va maintenant beaucoup mieux.
Pour le mental, je suis toujours très heureux dans ma nouvelle vie burkinabé. Ce qui me laisse quand même quelques craintes concernant la réaction que je vais avoir à mon retour au Canada. Mais bon, je suis ici pour apprendre et je ne dois pas me freiner pour de telles choses.
J’ai d’ailleurs décidé de quitter Titao le 24 juillet pour aller passer le dernier mois de mon placement dans la brousse avec une famille qui ne parle que mooré. Je veux le faire pour deux raisons. C’est premièrement pour vivre pleinement les réalités de gens les plus pauvres et deuxièmement par défi personnel. Je veux tester ma compréhension du mooré et travailler au champ sur une base quotidienne. Par contre, je ne délaisserai pas pour autant mon travaille avec la Fédération Nationale des Groupement Naams (FNGN).


Développement durable vu de l’intérieur

Maintenant, un petit retour sur l’usine d’étuvage de riz construite par le GCIUS de Sherbrooke. Après avoir réalisé à quel point Titao était loin de tout, j’ai finalement abandonné l’idée d’aller sur place pour faire une étude de terrain. J’ai par contre demandé des questions ici et là pour avoir un bref aperçu de la situation.
Très belle usine, le matériel fonctionne bien et elle est située dans une ville où la transformation du riz est importante. Alors pourquoi les femmes n’utilisent telles pas le cadeau du groupe d’universitaires? Malgré que le problème soit sans doute beaucoup plus complexe que ça, le GCIUS a selon moi omit un détail capital. Les femmes ne peuvent se permettrent le luxe de quitter leur domicile. Il faut également savoir que celles-ci commencent leur journée vers 3-4h et ne la finissent que rarement avant 23h et ce, avec très peu de temps mort. Faire le lavage, s’occuper des enfants, faire à manger, tenir sa cour en ordre, s’occuper de son petit commerce et encore plus, la femme burkinabé doit constamment être à proximité de son domicile. L’usine auraient permis à ces femmes de décharger un peu leur horaire mais leur demandait également l’impossible. Hallucinant comment un seul facteur peu faire échouer un projet d’une telle envergure.

Pour ce qui est du tracteur de Titao, je suis content et en même temps surpris de la tournure des événements. D’abord, l’union paysanne avec laquelle je travaille a été, par elle-même, chercher une formation pour l’utilisation du tracteur chez un village voisin qui possédait déjà cette compétence. Également, mon homologue (collège) a créé plusieurs cahiers permettant de suivre les dépenses/revenus du tracteur. L’union parle même d’un possible amortissement de celui-ci. De mon côté, je pousse pour avoir le manuel d’instruction ainsi que pour aller chercher une formation portant sur l’entretien du tracteur.
En regardant tout le travail effectué par l’union, je me rends compte que ma première analyse de la situation n’était pas tout à fait exacte. En effet, je n’avais pas tenu compte du potentiel de certains « leaders » burkinabés qui sont en mesure de vraiment changer les choses ici. Je crois que c’est précisément à ce niveau qu’il faut se concentrer pour avoir le plus grand impact sur une société. Par exemple, le chef de mon village est, depuis 15 ans, animateur à la fois pour la croix rouge, pour l’alphabétisation et pour le CEF (conseil de gestion). Je suis maintenant persuadé, après avoir vu ces acteurs à l’œuvre, que le développement du Burkina doit passer par ceux-ci. J’aimerais conclure en utilisant un citation tirée du livre Entraide villageoise et développement écrit par Bernard L. Ouédraogo, président de la FNGN: « On entend souvent parler de la pauvreté des ressources de notre pays. C’est un thème qui se passe de commentaires. Mais on oublie d’attirer l’attention sur notre principale richesse cachée : le potentiel humain sous valorisé et mal utilisé de nos villages ».

-Pascal

mardi 16 juin 2009

Grenier de sécurité alimentaire

Divers

Je m’en vais visiter le désert! Désolé d’avoir pris autant de temps pour écrire à nouveau mais je n’ai pas eu l’occasion de revenir en ville avant. C’est en fait pour un réunion d’Ingénieurs Sans Frontière que je retour à Ouagadougou pour ensuite partir, avec les huit autres stagiaires d’ISF, en direction du sahel! Expérience que je vais bien sûr vous faire part dès mon retour.
Pour ce qui est des photos/vidéos, je cherche encore un endroit où je pourrais avoir l’Internet assez rapide pour les uploader. Ne perdez pas patience, ça va venir.
P-s: je n'ai pas eu le temps de corriger les fautes donc soyez indulgeant!


Suivi du stage

Malgré que j’ai vu et vécu une foule d’expériences vraiment tripantes, j’ai décidé de vous parler uniquement de vendredi passé parce que cette journée a été mon coup de cœur depuis mon arriver au Faso.
Premièrement, le vendredi est en partant la journée la plus intéressante de la semaine. Tous les Titaolais sont heureux parce c’est le jour de la grande prière (mon village est presque exclusivement constitué de musulmans), c’est le « grand » marché de Titao où tous les gens des villages voisins viennent faire des affaires et c’est le dernier jour de travail avant la fin de semaine!
Aussi, comme mon collège était parti en ville cette journée là, je me suis retrouvé à vagabonder dans les rues de Titao à la recherche de travail. C’est comme ça que je me suis retrouvé à passer l’avant-midi assis sur un métier à tisser. Sérieusement, je n’aurais jamais pensé que c’était aussi demandant physiquement de tisser un pagne! En fait, je devrais plutôt dire ¼ de pagne puisque c’est tout ce que j’ai réussi à faire en quatre heures de travail. Je comprend maintenant pourquoi les femmes qui travaillent là, bien que très gentilles, ont des biceps plus gros que ma tête. En tout cas, elles ont gagné tout mon respect!


Moi en compagnie d'une "collègue"


Un pagne prend une journée complète de travail continue pour une femme burkinabé

Ensuite, après être retourné chez moi pour manger et être allé prier à la mosquée pour la grande prière, je suis reparti au centre d’artisanat avec la ferme intension de finir mon pagne avant la nuit! Par contre, après seulement quelques minutes de travail, j’ai remarqué des gens courir dans la rue. Aussitôt, sans que je ne comprenne ce qui se passe, les femmes qui travaillaient avec moi m’ont dit que je devais moi aussi prendre la fuite! C’est seulement rendu dans la rue que j’ai compris ce qui se passait réellement. Un nuage rouge, très distinct, qui partant du sol et qui devait faire au moins 200 si c’est pas 300 mètres de haut, se dirigeant droit sur Titao. On pouvait littéralement voir cette tempête de sable avancer vers nous. Malgré une course de plusieurs minutes (avec un immense sourire naïf aux lèvres), il était trop tard. Le vent commença à souffler extrêmement fort et soudain tout devient noir. Je me sentis tirer par le bras et me suis retrouvé dans un petit entrepôt avec une quinzaine d’inconnus. C’est dans cet endroit que pendant une heure nous avons causé en attendant que la tempête passe. Expérience énormément bénéfique pour mon mooré puisque personne ne parlait français dans l’entrepôt.
J’ai finalement rejoins ma famille à leur magasin. Comme si de rien était, malgré les toitures arrachées et les débris dans la rue, les gens étaient ressortis et avaient recommencé leurs affaires. La journée s’est terminée avec la préparation et la consommation, au plaisir de tout ma famille, d’un coq que j’ai acheté au marché durant la matinée.

Voilà, j’aurais aimé vous parler de mes expéditions dans la brousse avec les enfants, des mines d’or que j’ai visité (vraiment horribles comme conditions de travail) ou encore de mon travail ici à Titao mais bon, une autre fois.


Côté personnel

« Nasaara » fut les premiers mots de Nafi Sato, la petite dernière du chef de Titao. Signifiant « le blanc » en langue local, je dois avouer que ça ma tout de même assez touché. Bref, au niveau de la vie en village, je ne pourrais pas demander mieux. Je m’entends à merveille avec ma famille d’accueil et avec tout le voisinage.

Aussi, toujours aucun problème de santé à déplorer jusqu’à maintenant. Je suis en très bonne forme et le mental est bon. Je manque toutefois d’un peu de sommeil. Comme il fait très chaud, le seul endroit où je peux bien dormir c’est à la belle étoile. Encore là, si ce n’est pas la pluie ou le vent, c’est la chaleur ou les fourmis qui m’empêchent de bien dormir. Mais bon, rien de dramatique.


Développement durable vu de l’intérieur

Les GSA, un exemple de développement durable? Et bien oui, du moins selon ce que j’ai pu en apprendre. Parfois appelés banques de céréales, les greniers de sécurité alimentaires (GSA) sont des structures misent en place afin de rapprocher les grains des personnes vivant dans les régions rurales. Ainsi, ces gens n’ont plus à parcourir plusieurs kilomètres pour se trouver de quoi nourrir leur famille.

Également, les GSA profitent d’un réseau de contact solide par le biais de la Fédération nationale des groupements Naam (FNGN) et d’outils de planifications. Ils sont donc en mesure d’acheter en masse alors que les céréales sont à bas prix pour les redistribuer généralement durant la période de soudure (juste avant la récolte). Ils peuvent ainsi diminuer le prix de vente ce qui avantage les clients alors que le prix des grains à cet instant est très élevé. Il est cependant intéressant de savoir que les prix varient énormément ici au Burkina et cela représente une problématique majeure pour les GSA.

Aussi, la gestion de chaque grenier est dirigée uniquement par des regroupements de femmes. Conséquences, celles-ci développent leurs capacités de gestion et même, dans certains villages, gagnent un plus grand respect chez les hommes.

Finalement, ce qui fait que ce type de support c’est valu une place dans mon blog est sa source de financement. Contrairement à la plupart des structures que j’ai pu rencontrer jusque là, les GSA vont chercher leurs fonds de roulement dans le crédit. Au début, j’étais assez septique à l’idée. Pourquoi une institution à but non lucratif devrait payer des intérêts pour son financement. C’est après avoir discuté plus en détail avec l’animateur GSA que je me suis rendu compte à quel point ce procédé était intéressant. Avec un crédit à 7% d’intérêt, les femmes sont en mesure de rembourser les sommes dues mais encore plus intéressant, elles sont autosuffisantes. En effet, un coup implantées, ces structures n’ont plus besoin de support financier. Plus besoin de rechercher constamment des bailleurs de fonds (donateurs) et par le fait même être à la merci d’un probable retrait de leurs subventions. Voilà, contrairement aux multiples structures qui ont besoin d’un apport financier constant, les GSA sont selon moi un exemple de durabilité. Qu’en pensez vous?

-Pascal

samedi 30 mai 2009

Aide matérielle ou aide technique?

Côté personnel

Leçon de la semaine : ne jamais approcher un âne par derrière. Sinon outre le fait que j’ai un énorme bleu sur la cuisse parce que je me suis fais ruer par cet âne (encore content qu’il n’est pas atteint des parties disons… plus douloureuses), je suis en très bonne santé. Je fais du jogging tous les matins et joue au foot avec les enfants tous les soirs. Je dirais même que j’ai un régime de vie ici au Burkina beaucoup plus équilibré qu’au Canada! Je dois quand même mentionner que la nourriture ici est par contre beaucoup moins variée. De la bouillie de riz tous les matin, de la farine de sorgho mélangée avec de l’eau tous les midis et tous les soirs. Encore heureux que je me sois amené quelques multivitamines pour compléter le tout. Côté psychologique, je dois avouer que mes proches commencent sérieusement à me manquer et que je m’ennuie également de plusieurs petites choses de mon quotidien canadien. Beaucoup dissent que c’est une réaction tout à fait normale qui se produit durant le premier mois à l’étranger donc je ne m’en fais pas trop avec cela. Les gens ici sont tellement attentionnés et accueillant que je suis sûr que tout ira très bien pour les prochains mois à venir. En plus, je commence à bien me débrouiller en mooré! Moore yaa nana!


Suivi du stage

Pour ce qui de l’immersion culturelle, je ne pourrais pas demander mieux. J’ai fait une foule d’activités vraiment intéressantes cette semaine. Écouter un match de foot avec le chef du village et ses amis, aller faire un tour au marché principal de Titao qui a lieu une fois par semaine, visionner le film de Sankara (regretté ex-président du Faso qui a fait la révolution en 83 et a été assassiné en 87) et ultimement participer à une nuit culturelle à la maison des jeunes. De tout ce que j’ai fait au Burkina jusqu’à maintenant, cette nuit a été de loin la plus intéressante culturellement parlant. Danse, musique et humour burkinabé, le tout organisé par les élèves du lycée communal de Titao. J’ai été réellement surpris à quel point l’humour d’ici diffère de celui du Canada. On devait être environ 300 spectateurs et quand je trouvais une blague drôle (avec mes aptitudes en mooré très limitées), j’étais le seul dans l’assistance à rire. Le seul blanc d’ailleurs. Par contre, alors que je trouvais certaines blagues ridicules, tout le monde riait de bon cœur. Ils ont même ri sur l’équivalemment d’une joke québécoise de bébé mort! C’était fou de voir les femmes en train d’allaiter et de rire lorsqu’on parle de bébé se fessant égorger. Bref, très dépaysant comme soirée!
Au niveau du travail, je suis vraiment content de la tournure des choses. Alors qu’on m’avait à plusieurs reprises dit qu’au Burkina je ne devais pas m’attendre à travailler avec du monde productif, mon collège ici est vraiment tout le contraire. En une semaine, nous avons déjà passé à travers d’environ la moitié des objectifs que l’on s’était fixé au début de mon placement. Nous sommes déjà en train de finaliser un outil pour faire la gestion du tracteur que la ville de Titao s’est procurée il y a quelques mois. Nous avons également fait plusieurs sorties de terrain pour rencontrer des producteurs et j’ai pu m’entretenir (par le biais de mon collège qui fessait la traduction) sur le conseil de gestion avec eux. Pour ceux qui ne connaissent pas le conseil de gestion, c’est un service qu’offre l’union paysanne avec laquelle je travaille et qui permet aux producteurs de faire des prévisions sur leurs productions basées sur un suivi que fait un conseiller avec eux. Ma tâche première au Burkina est d’identifier les failles de ce service et par la suite faire des recommandations au niveau de la Fédération Nationale des Groupements Naams (FNGN). C’est cette entité qui supervise l’union avec laquelle je travaille. Donc, beaucoup de blabla pour tout simplement vous dire que mon travail ici débute sur une très bonne note.


Développement durable vu de l’intérieur

Aide matérielle ou aide technique? Dons d’argent, de machineries, construction d’infrastructures ou bien développement de capacités et support technique? Qu’es-ce qui est le mieux?
Voilà, je me suis posé ces questions en travaillant sur la gestion du nouveau tracteur. Celui-ci a en fait été acheté par la ville en collaboration avec les Suisses. Ceux-ci sont très présents à Titao. Ils ont construit bons nombres d’infrastructures (pharmacie, écoles, centre médicale, etc.) et ont financé plusieurs projets (tracteur, motopompes, etc.). À première vue, nous sommes portés à applaudir ce travail colossal qu’ils ont fait ici. Par contre, en regardant de plus près, on se rend compte qu’ils ont omis plusieurs points importants dans leur approche.

Si l’on revient au tracteur, ce qu’on ne sait pas, c’est que celui-ci n’a pas quitté la cours de l’union depuis qu’il est arrivé. Pourquoi? Personne n’est en mesure de le conduire, aucun manuel d’instruction, aucune manière de savoir comment le réparer si il brise, etc. Fait intéressant à noter, il y a déjà trois autres tracteurs à Titao et ils sont tous cloués sur place. Que ce soit parce qu’ils sont en panne ou parce que le chauffeur est parti dans une autre ville, ceux-ci sont maintenant inutilisables! Donc, si je vous repose la question, es-ce que les Suisses font un travail extraordinaire ici à Titao? Cela n’engage que moi, mais je crois qu’ils n‘ont toujours rien compris!
Pour revenir à nos questions initiales, je crois qu’une bonne balance entre l’aide matérielle et technique est essentielle pour qu’un projet de développement soit durable. Sans le support technique (ex : des formations), les apports matériels sont fréquemment voués à l’échec. Le tracteur en est la preuve. Il faut noter par contre qu’un minimum d’aide matérielle est également essentiel pour que l’apport technique soit efficace. Je parle ici de financement pour les formations et/ou matériels sur lesquels donner ces formations (plateformes multifonctionnels, tracteurs, motopompes, etc.).
Dans le même ordre d’idées, je vais, dans les semaines à venir, aller visiter le village où a eu lieu le projet du GICIUS (regroupement universitaire de Sherbrooke). Pour faire bref, ils ont construit une usine d‘étuvage de riz pour faciliter la tâche des femmes burkinabés. Depuis leur retour au Canada, cette usine a été cadenassée et est depuis inutilisée. Avant de m’avancer trop loin sur le sujet (au risque de choquer certains étudiants de Sherbrooke), je vais effectuer la visite et je reviendrai sur le sujet dans les mois à venir.


Un vieux tracteur gaté qui repose dans la cour de la mairie de
Titao

Divers

Encore une fois, je vous invite à poser vos questions et à me relancer sur n’importe quels sujets. L’accès à l’Internet ici est très limité et je m’excuse d’avance si jamais je ne suis pas en mesure de répondre à vous tous. Merci

-Pascal