mardi 16 juin 2009

Grenier de sécurité alimentaire

Divers

Je m’en vais visiter le désert! Désolé d’avoir pris autant de temps pour écrire à nouveau mais je n’ai pas eu l’occasion de revenir en ville avant. C’est en fait pour un réunion d’Ingénieurs Sans Frontière que je retour à Ouagadougou pour ensuite partir, avec les huit autres stagiaires d’ISF, en direction du sahel! Expérience que je vais bien sûr vous faire part dès mon retour.
Pour ce qui est des photos/vidéos, je cherche encore un endroit où je pourrais avoir l’Internet assez rapide pour les uploader. Ne perdez pas patience, ça va venir.
P-s: je n'ai pas eu le temps de corriger les fautes donc soyez indulgeant!


Suivi du stage

Malgré que j’ai vu et vécu une foule d’expériences vraiment tripantes, j’ai décidé de vous parler uniquement de vendredi passé parce que cette journée a été mon coup de cœur depuis mon arriver au Faso.
Premièrement, le vendredi est en partant la journée la plus intéressante de la semaine. Tous les Titaolais sont heureux parce c’est le jour de la grande prière (mon village est presque exclusivement constitué de musulmans), c’est le « grand » marché de Titao où tous les gens des villages voisins viennent faire des affaires et c’est le dernier jour de travail avant la fin de semaine!
Aussi, comme mon collège était parti en ville cette journée là, je me suis retrouvé à vagabonder dans les rues de Titao à la recherche de travail. C’est comme ça que je me suis retrouvé à passer l’avant-midi assis sur un métier à tisser. Sérieusement, je n’aurais jamais pensé que c’était aussi demandant physiquement de tisser un pagne! En fait, je devrais plutôt dire ¼ de pagne puisque c’est tout ce que j’ai réussi à faire en quatre heures de travail. Je comprend maintenant pourquoi les femmes qui travaillent là, bien que très gentilles, ont des biceps plus gros que ma tête. En tout cas, elles ont gagné tout mon respect!


Moi en compagnie d'une "collègue"


Un pagne prend une journée complète de travail continue pour une femme burkinabé

Ensuite, après être retourné chez moi pour manger et être allé prier à la mosquée pour la grande prière, je suis reparti au centre d’artisanat avec la ferme intension de finir mon pagne avant la nuit! Par contre, après seulement quelques minutes de travail, j’ai remarqué des gens courir dans la rue. Aussitôt, sans que je ne comprenne ce qui se passe, les femmes qui travaillaient avec moi m’ont dit que je devais moi aussi prendre la fuite! C’est seulement rendu dans la rue que j’ai compris ce qui se passait réellement. Un nuage rouge, très distinct, qui partant du sol et qui devait faire au moins 200 si c’est pas 300 mètres de haut, se dirigeant droit sur Titao. On pouvait littéralement voir cette tempête de sable avancer vers nous. Malgré une course de plusieurs minutes (avec un immense sourire naïf aux lèvres), il était trop tard. Le vent commença à souffler extrêmement fort et soudain tout devient noir. Je me sentis tirer par le bras et me suis retrouvé dans un petit entrepôt avec une quinzaine d’inconnus. C’est dans cet endroit que pendant une heure nous avons causé en attendant que la tempête passe. Expérience énormément bénéfique pour mon mooré puisque personne ne parlait français dans l’entrepôt.
J’ai finalement rejoins ma famille à leur magasin. Comme si de rien était, malgré les toitures arrachées et les débris dans la rue, les gens étaient ressortis et avaient recommencé leurs affaires. La journée s’est terminée avec la préparation et la consommation, au plaisir de tout ma famille, d’un coq que j’ai acheté au marché durant la matinée.

Voilà, j’aurais aimé vous parler de mes expéditions dans la brousse avec les enfants, des mines d’or que j’ai visité (vraiment horribles comme conditions de travail) ou encore de mon travail ici à Titao mais bon, une autre fois.


Côté personnel

« Nasaara » fut les premiers mots de Nafi Sato, la petite dernière du chef de Titao. Signifiant « le blanc » en langue local, je dois avouer que ça ma tout de même assez touché. Bref, au niveau de la vie en village, je ne pourrais pas demander mieux. Je m’entends à merveille avec ma famille d’accueil et avec tout le voisinage.

Aussi, toujours aucun problème de santé à déplorer jusqu’à maintenant. Je suis en très bonne forme et le mental est bon. Je manque toutefois d’un peu de sommeil. Comme il fait très chaud, le seul endroit où je peux bien dormir c’est à la belle étoile. Encore là, si ce n’est pas la pluie ou le vent, c’est la chaleur ou les fourmis qui m’empêchent de bien dormir. Mais bon, rien de dramatique.


Développement durable vu de l’intérieur

Les GSA, un exemple de développement durable? Et bien oui, du moins selon ce que j’ai pu en apprendre. Parfois appelés banques de céréales, les greniers de sécurité alimentaires (GSA) sont des structures misent en place afin de rapprocher les grains des personnes vivant dans les régions rurales. Ainsi, ces gens n’ont plus à parcourir plusieurs kilomètres pour se trouver de quoi nourrir leur famille.

Également, les GSA profitent d’un réseau de contact solide par le biais de la Fédération nationale des groupements Naam (FNGN) et d’outils de planifications. Ils sont donc en mesure d’acheter en masse alors que les céréales sont à bas prix pour les redistribuer généralement durant la période de soudure (juste avant la récolte). Ils peuvent ainsi diminuer le prix de vente ce qui avantage les clients alors que le prix des grains à cet instant est très élevé. Il est cependant intéressant de savoir que les prix varient énormément ici au Burkina et cela représente une problématique majeure pour les GSA.

Aussi, la gestion de chaque grenier est dirigée uniquement par des regroupements de femmes. Conséquences, celles-ci développent leurs capacités de gestion et même, dans certains villages, gagnent un plus grand respect chez les hommes.

Finalement, ce qui fait que ce type de support c’est valu une place dans mon blog est sa source de financement. Contrairement à la plupart des structures que j’ai pu rencontrer jusque là, les GSA vont chercher leurs fonds de roulement dans le crédit. Au début, j’étais assez septique à l’idée. Pourquoi une institution à but non lucratif devrait payer des intérêts pour son financement. C’est après avoir discuté plus en détail avec l’animateur GSA que je me suis rendu compte à quel point ce procédé était intéressant. Avec un crédit à 7% d’intérêt, les femmes sont en mesure de rembourser les sommes dues mais encore plus intéressant, elles sont autosuffisantes. En effet, un coup implantées, ces structures n’ont plus besoin de support financier. Plus besoin de rechercher constamment des bailleurs de fonds (donateurs) et par le fait même être à la merci d’un probable retrait de leurs subventions. Voilà, contrairement aux multiples structures qui ont besoin d’un apport financier constant, les GSA sont selon moi un exemple de durabilité. Qu’en pensez vous?

-Pascal

3 commentaires:

  1. Puisque la soeur à Patrick a pas encore fait un post super long et super intelligent je vais m'essayer!

    Je trouve que c'est très bien les GSA, comme on dit c'est bin mieux d'apprendre à un dude à pêcher que de lui donner un poisson. Les africains c'Est pas des cave la, tu leur montres comment le faire par eux même, d'une facon viable à long terme.C'est ev plus. C'est ca la meilleure facon comme ca ils sont auto suffisants, moins dépendants des autres.

    C'est aussi meilleure pour la communauté car a la longue tu peux développer un sentiment de fierté à avoir le sentiment d'accomplir quelque chose par toi même. Et non pas juste d'avoir le feeling d'etre un pouilleux qui beg dans la rue de l'argent aux "gentils pays blancs".

    Sérieux tu écris mieux la, ton dernier texte c'est numéro 1! Ça l'air d'être un méchant trip et une expérience humaine awesome.C'est fou de voir comment la famille a l'air importante la bas comparé au Québec. Aussi Ici ya la st jean qui s'en vient, oublie pas de la fêter la bas!
    J'ai une bouteille de goldschlager (oui oui) et je compte bien la boire (avec de laide) pour la st jean.

    Également, shocking news, l'été est arriver à Rouyn-Noranda. Ca fais comme 4 jours de suite qu'il pleut pas.On devrait pouvoir avoir du foin cette année, tu viendras..oh wait. XD Germain est bronzé c'est sick ya lair d'un indou.

    ok c'est pas mal ça la
    salut!

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  2. Hey Pascal, moi je veux des vidéos de toi entrain de faire des trucs africains, genre lancer un javelo, danser autour d'un feu ou jouer au soccer avec un ballon en feu (J'ai déjà vu ça dans une émission de télé...)

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  3. lol chuck... crois moi je fais ce que je peux!

    Sinon jay, vraiment tres interessante ta remarque sur le sentiment de fierte. Je pense egalement que c'est un facteur cle qui faut tenir en compte dans tout projet de developpement.
    Pour ce qui est de "les africains c'est pas des caves la", je pense que tu as touché quelque chose de super important. J'en parle d'ailleurs plus en détail dans le message qui va suivre.

    Finalement, pour ce qui est de la st-jean... je l'ai passé en petite boule sur mon tapis avec 39 de fièvre et en train de me faire bouffer par les fourmis africaines! Ordinaire dissons... mais j'avais quand meme mon mp3 avec quelques tounes québecoise à écouter pour célébrer de mon coté.

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